HOLLIS BROWN

Hollis Brown c''est la dernière trouvaille du label Alive Records qui confirme
son virage vers des sonorités plus americana très éloignées du punk blues qui a
fait sa réputation.

On ignore si le nom du groupe à un rapport avec
Ballad Of Hollis Brown de Dylan sur The Times They Are A-Changin'
(1963) mais musicalement, ce premier album du combo new yorkais offre un rock de
facture assez classique imprégné de folk et d'americana, un rock qui puise aux
racines du genre tout en gardant une sensibilité, un timbre, finalement assez
pop.Un disque à la cool en fait.

Mike Montali s'y révèle un chanteur
compétent, capable de faire transparaître ses sentiments sans faire preuve de la
moindre emphase, une gageure par les temps qui courent. Saluons l'effort.

Si les Hollis Brown tirent leurs influences des seventies
(philly soul, southern rock, americana...et un petit côté Springsteen) force est
de constater qu'ils en évitent les principaux écueils : point ici de rythmiques
lourdingues ou de soli interminables. Quand le besoin se fait sentir, Jon
Bonilla envoie quelques riffs bien sentis mais l'ensemble reste surtout marqué
par une remarquable concision : sur les dix titres qui composent ce Ride On
The Train
, seuls deux excèdent les quatre minutes. Et question rythmique,
Michael Graves et Dillon Devito assurent l'équilibre de l'ensemble.

Qui dit disque à la cool, dit pléthore de morceaux mid tempos ou ballades. Ce
Ride On The Train en est constitué pour l'essentiel et encore une fois le
groupe réussit à passer l'épreuve haut la main. Point ici de ballades à faire
pleurer dans sa bière, le maître mot restant sobriété tant dans le chant que
dans les mélodies, en privilégiant l'émotion comme dans tout americana qui se
respecte.

Vous l'aurez compris on a beaucoup aimé ce disque, pourtant
loin d'être révolutionnaire. Mais avec un songwriting au dessus de la moyenne et
un disque qui respire les grands espaces, on ne pouvait que craquer.

RAW POWER MAGAZINE